L’infini laissé en friche.
Evacuée par le sublime, cette étendue vouée au vol migrateur, et au silence craquelant des lacs, sous l’empan de gel qui défigure l’étang, enjambe la grande marche du
couchant.
Le regard encastré du soleil, voyeur de lune éclipsé, découpe un trait de ciel d’escale pour le passant dépecé de ses pas. C’est ici le refuge des outardes, sous le
voile entrelacé de l’aube avec la nuit, dans le canevas nostalgique des souvenirs.
Un chant de langue félibrige fendille l’insomnie. Lardé d’entrechocs et de plaintes, un envol de stridences, battements d’ailes et de cœurs, d’un même rythme
disloqué, renverse les vents insoutenables qui noroient le silence.
Haletante impatience, mon souffle ventriloque ce monde sauvage où je crois entendre les voix de mon enfance. Répercutantes.
L’épelé de leur écho, sur les langues de chair, enliées et adultes, n’est plus que le déglutissement des rêves dans la vieillesse du non départ.
Le silence seul interfère.