Une entrée en matière impalpable, une liquidité de cristal, quelques signes
accrochés au désastre, une communauté de solitaires déconstellés, leurs commentaires immodérés. Entrouvrir ici le monde et sa lisière numérique. Ne plus faire écran. Faire face à cette nuit de
pixels où nous dressons la constellation de notre ennui.
Aimer son prochain comme son fantôme. Aimer son ombre, aimer le prolongement solaire qui s'enfuit de soi. Cette caresse dans le dos ruisselant, cette main solaire qui diffuse l'intensité du jour et promulgue à la nuit son laisser passer de rêves.
Inviter le silence, à la fête bruyante où frémissent mes gestes de cristal, où chutent les anges maladroits de ton regard, où nous sommes l'un et l'autre la caresse malhabile du désir et sa poigne saisissante. Ouvre ta parole, ouvre ton ventre, ouvre tes cris, nous allons mêler nos voix dans la dissonance de l'enchantement.
Nous entrons dans l'aurifère et dans la pauvreté du monde. L'amour seul subvient. Nous sommes les astres oubliés du jour et de la nuit. Nous sommes le retour de la comète et son affalement minéral. Désertés par la lumière, nous étoilons le miracle d'un sursaut de soleil sur nos âmes. Il est midi, il est minuit. Il est temps d'orchestrer le grand vacarme. Tout éparse. Tout revient à l'éclat dont nous sommes l'explosion primitive. Adam et Eve déchiquetés, l'un et l'autre éventrés pour la naissance du délice éternel où nous jardinons notre plaisir.